Post Catastrophe

Mon logement fissuré

La sécheresse abîme lentement. Rien ne vous prévient, aucun délai ne démarre, et tout dépend d'une démarche que votre commune doit faire à votre place. Voici l'ordre.

Étape 1 — Photographiez, datez, mesurez

Une fissure raconte son histoire par son évolution. Une photographie unique ne prouve rien, une série datée prouve beaucoup.

Photographiez chaque désordre avec un objet de référence à côté, une règle ou une pièce de monnaie. Recommencez tous les mois, depuis le même endroit. Notez ce qui ne fonctionne plus : une porte qui coince, une fenêtre qui ne ferme plus, un carrelage qui se soulève.

Ces éléments serviront deux fois : pour appuyer la demande de votre commune, et pour l'expertise.

Étape 2 — Sans demande de votre commune, rien ne se passe

C'est le point de blocage le plus fréquent, et le moins connu. L'indemnisation suppose un arrêté interministériel, et cet arrêté suppose que votre commune ait déposé une demande de reconnaissance auprès de la préfecture.

Si votre commune n'a rien déposé, vous ne serez pas indemnisé, quelle que soit la gravité des dommages.

Allez en mairie. Demandez si une demande a été déposée, pour quelle période, et à quelle date. S'il n'y en a pas, signalez vos dommages par écrit : c'est le nombre de signalements qui décide une commune à déposer.

Étape 3 — Trente jours après l'arrêté

L'arrêté est publié. Votre compteur démarre, et il est court.

Vous devez déclarer dès que vous avez connaissance du sinistre, et au plus tard trente jours après la publication. Ce délai figure dans votre contrat quelles que soient ses autres clauses.

Joignez votre état estimatif et vos séries de photographies datées. C'est la remise de cet état estimatif qui fait courir le délai de versement de votre provision.

Étape 4 — Ce que l'expert vous doit

L'expertise en sécheresse est technique et souvent longue. Deux documents vous reviennent de droit.

À chaque visite, un compte rendu des constatations effectuées. À la fin, le rapport d'expertise définitif. Réclamez-les s'ils ne viennent pas.

Faites constater ce qui relève de la solidité et de l'usage, pas seulement l'aspect. C'est sur ce terrain que se joue la couverture.

Étape 5 — Deux compteurs, pas un

Deux obligations distinctes pèsent sur votre assureur, et elles ne se confondent pas.

La provision d'abord : elle doit vous être versée dans les deux mois suivant la remise de votre état estimatif, ou la publication de l'arrêté si elle est postérieure. Elle ne dépend pas de l'avancement de l'expertise.

La proposition ensuite : un mois à compter de la réception du rapport d'expertise définitif, ou de votre état estimatif s'il n'y a pas eu d'expertise.

Notez ces deux dates. Ce sont elles qui fondent une relance.

Étape 6 — Vingt et un jours, puis les intérêts

Une fois votre accord donné sur la proposition, votre assureur dispose de vingt et un jours pour verser, ou d'un mois pour missionner l'entreprise de réparation.

Passé ce délai de paiement, et sauf cas fortuit ou force majeure, la somme due porte intérêt au taux légal. Ces intérêts courent sans que vous ayez à les demander.

Datez votre accord et conservez-en la preuve. C'est cette date qui fait courir le délai.

Étape 7 — L'indemnité doit servir aux réparations

En sécheresse, l'argent versé n'est pas libre d'usage. Il doit être employé à réparer les dommages.

Conservez toutes vos factures. Elles justifient cet emploi, et elles serviront si votre contrat prévoit un versement complémentaire.

Étape 8 — Contre-expertise et recours

Si vous contestez les conclusions de l'expertise auprès de votre assureur, celui-ci doit vous informer que vous pouvez faire réaliser une contre-expertise et vous faire assister par un expert de votre choix.

Si le désaccord persiste, la voie de recours est la même que pour tout litige d'assurance : réclamation écrite au service réclamations, puis médiateur de l'assurance.

La voie de recours.

Si votre contestation reste sans réponse satisfaisante, il existe une voie gratuite avant le tribunal.

Première étape, obligatoire : adresser une réclamation écrite au service réclamations de votre assureur, en recommandé avec accusé de réception. Ses coordonnées figurent dans votre contrat. Cette étape conditionne la suivante.

Seconde étape : si votre assureur n'a pas répondu au bout de deux mois, ou si sa réponse ne vous satisfait pas, vous pouvez saisir La Médiation de l'Assurance. La saisine est gratuite, en ligne ou par courrier, et vous pouvez vous faire assister sans y être obligé. Elle doit intervenir dans l'année qui suit votre réclamation écrite.

Le médiateur rend une proposition motivée, en principe dans les quatre-vingt-dix jours suivant la notification de recevabilité de votre dossier, délai prorogeable pour les dossiers complexes. Cette proposition ne s'impose ni à vous ni à votre assureur, et elle ne vous ferme jamais l'accès au tribunal.

Pendant la médiation, le délai pour agir peut être suspendu, selon la mécanique de l'article 2238 du Code civil. Ne comptez pas dessus si votre échéance est proche : une lettre recommandée portant sur le règlement de votre indemnité, elle, remet le délai à zéro.

La Médiation de l'Assurance

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