Mon logement est touché
Sept étapes, de l'évacuation au dernier versement. Vous êtes probablement à l'étape 2. Les aides apparaissent à l'étape où vous pouvez les demander.
Étape 1 — Gardez tout, même les tickets
C'est la seule chose à faire cette semaine, et c'est celle qu'on oublie. Sans justificatif, pas de remboursement.
Vous dépensez de l'argent que vous n'aviez pas prévu de dépenser. Hôtel, essence, repas, laverie, vêtements. Une partie vous sera remboursée, mais uniquement sur présentation des preuves.
Personne ne vous réclamera ces pièces avant plusieurs semaines. C'est exactement pour ça qu'elles disparaissent.
Photographiez chaque ticket au moment où vous l'avez en main. Trois secondes. Vous n'aurez pas à y penser une seconde fois.
- Photographier chaque ticket d'hébergement, dès l'arrivée à l'hôtel ou au camping. · essentiel
- Photographier les tickets de repas, de carburant, de laverie et d'achats de première nécessité. · essentiel
- Noter où vous logez et depuis quelle date. La durée conditionne le remboursement.
- Conserver le message ou l'arrêté qui vous a demandé d'évacuer, s'il en existe une trace.
- Prévenir votre assureur que vous êtes évacué, même sans connaître l'état de votre logement.
Vous êtes remboursé même si votre logement n'a pas brûlé.
La prise en charge des frais de relogement vise les occupants d'une résidence principale évacuée à la demande des autorités, que le logement ait été endommagé ou non. Elle couvre jusqu'à trois semaines, tant que l'accès reste interdit, et sur présentation des justificatifs, dans les conditions prévues à votre contrat.
France Assureurs
Le paiement en espèces ne laisse pas de trace.
Privilégiez la carte quand vous le pouvez. Un relevé bancaire complète utilement un ticket illisible ou perdu.
Vos biens sont peut-être couverts par le contrat de la personne qui vous héberge.
Certains contrats couvrent les biens des occupants à titre gratuit, d'autres non. Demandez à consulter les conditions particulières du logement où vous viviez, et posez la question par écrit à l'assureur concerné.
Étape 2 — Ne nettoyez rien avant l'expert
Le réflexe naturel est de déblayer. C'est l'erreur la plus coûteuse du parcours.
Ce que vous jetez aujourd'hui, vous ne pourrez pas le faire évaluer demain. L'expert chiffre ce qu'il voit, ou ce que vous prouvez.
Votre travail cette semaine tient en un mot : documenter. Pièce par pièce, avant tout nettoyage, y compris les pièces où les dégâts vous paraissent secondaires. La fumée et l'eau abîment bien au delà de ce qui a brûlé.
Si un déblaiement est indispensable pour des raisons de sécurité, photographiez d'abord, largement, et conservez ce que vous pouvez.
- Photographier chaque pièce dans son état d'origine, avant de toucher quoi que ce soit. · essentiel
- Photographier de près les biens endommagés, avec leur plaque signalétique ou leur numéro de série quand il en reste un. · essentiel
- Ne jeter aucun bien endommagé, même hors d'usage, tant que l'expert n'est pas passé. · essentiel
- Commencer la liste chiffrée, pièce par pièce, dans l'ordre où vous parcourez le logement.
- Rassembler ce que vous retrouvez de vos factures d'achat, y compris les confirmations de commande dans votre boîte mail.
- Rassembler vos preuves d'entretien du terrain : factures, tickets de déchetterie, photographies antérieures.
- Retrouver vos conditions générales et particulières, et parcourir la liste de contrôle des sept mentions que votre contrat doit comporter. · essentiel
- Vérifier si vous êtes assuré auprès de plusieurs assureurs pour les mêmes biens. Si c'est le cas, vous devez en informer chacun d'eux, et vous pouvez vous adresser à celui de votre choix.
Les extérieurs ne sont pas toujours couverts.
Arbres, plantations, abris de jardin, clôtures et piscines relèvent souvent d'une option distincte. Vérifiez vos conditions particulières avant de les chiffrer, pour ne pas construire une attente qui sera déçue.
Vos photographies d'avant valent de l'or.
Cherchez dans votre téléphone, vos réseaux sociaux, vos annonces immobilières, les photographies de votre logement en bon état. Elles établissent ce que vous possédiez et dans quel état.
Deux assurances, deux périmètres.
Votre assurance habitation couvre vos biens personnels et votre responsabilité. Le bâtiment lui-même relève de l'assurance du propriétaire. Vous déclarez à votre assureur, le propriétaire déclare au sien, et les deux dossiers avancent en parallèle.
Informez votre propriétaire par écrit, en gardant une trace. Vous chiffrez vos meubles et vos affaires, pas les murs.
Vous chiffrez le bâti, pas le contenu de votre locataire.
Votre déclaration porte sur la structure, les équipements fixes et le mobilier que vous aviez fourni. Votre locataire déclare de son côté ses biens personnels. Coordonnez vos deux déclarations plutôt que de les laisser se contredire.
Étape 3 — Déclarez, avec vos pièces
Un envoi daté, accompagné de votre état estimatif et de vos photographies. Gardez une preuve d'envoi.
Déclarer, c'est ouvrir votre dossier. Tant que ce n'est pas fait, rien ne se déclenche : ni expertise, ni avance, ni remboursement de vos frais.
Déclarez même si votre liste n'est pas terminée. Vous la compléterez. Une déclaration partielle et datée vaut mieux qu'une déclaration parfaite et tardive.
Envoyez par un moyen qui laisse une trace. Recommandé, formulaire en ligne avec accusé, ou courriel dont vous conservez la copie. La date de cet envoi servira de point de départ à tout le reste.
- Générer votre état estimatif des pertes et le joindre à la déclaration. · essentiel
- Joindre vos photographies, numérotées et datées.
- Indiquer vos coordonnées et l'adresse où vous êtes joignable, qui n'est probablement plus celle du logement. · essentiel
- Conserver la preuve d'envoi et l'ajouter à votre coffre. · essentiel
- Demander par écrit votre numéro de sinistre et le nom de votre gestionnaire.
- Demander si une avance sur indemnité est possible, si vous êtes en difficulté immédiate.
Le délai est porté au 31 août.
Un contrat d'assurance fixe un délai pour déclarer un sinistre. La loi impose que ce délai soit d'au moins cinq jours ouvrés, à compter du moment où vous avez connaissance du sinistre. Votre contrat peut prévoir plus long, jamais moins.
Pour les incendies de Gironde, des Landes et du Var, les assureurs ont porté ce délai au 31 août 2026.
Un retard ne vous fait pas perdre automatiquement votre indemnisation. Pour vous l'opposer, l'assureur doit réunir deux conditions : que votre contrat prévoie expressément cette sanction, et qu'il établisse lui-même que votre retard lui a causé un préjudice. La charge de cette preuve pèse sur lui, pas sur vous.
Cette sanction est en outre écartée dans tous les cas où le retard est dû à un cas fortuit ou à un cas de force majeure. Si l'accès à votre logement vous a été interdit, notez la date de l'interdiction et celle de votre retour, et conservez la trace de la décision qui vous a évacué.
Déclarez malgré tout le plus tôt possible. C'est la déclaration qui ouvre le dossier, déclenche l'expertise et permet de demander une avance.
Une clause qui vous priverait de garantie au seul motif d'un retard dans l'envoi de vos pièces est nulle. Votre assureur peut demander réparation du dommage que ce retard lui a causé, il ne peut pas vous priver de votre indemnité pour cette raison.
Légifrance
France Assureurs
N'engagez pas de gros travaux sans accord écrit.
Les mesures de sécurité et de conservation urgentes se font sans attendre, et se justifient. En revanche une remise en état engagée avant l'expertise risque de ne pas être prise en charge. Demandez l'accord par écrit et conservez la réponse.
Étape 4 — Le rendez-vous qui fixe le montant
Une visite de deux heures détermine ce que vous toucherez pendant deux ans. Préparez-la comme telle.
L'expert passe une fois. Ce qu'il ne voit pas et que vous ne prouvez pas n'entrera pas dans son rapport.
Ayez tout sous la main : votre état estimatif imprimé, vos photographies, vos factures, vos conditions particulières. Accompagnez-le dans chaque pièce. Faites-lui constater ce qui n'est pas visible, notamment les dommages de fumée et d'eau.
Vous n'êtes obligé de signer aucun document sur place. Si l'on vous en présente un, vous pouvez demander à le lire chez vous.
- Imprimer ou avoir sur soi l'état estimatif et l'annexe photographique. · essentiel
- Faire le tour complet du logement avec l'expert, pièce par pièce.
- Signaler les dommages de fumée, de suie, de chaleur et d'eau, y compris hors des pièces brûlées.
- Noter le nom du cabinet d'expertise et demander sous quel délai le rapport sera établi.
- Demander une copie du rapport d'expertise. · essentiel
- Ne rien signer que vous n'ayez lu et compris.
L'expert n'est pas neutre, et ce n'est pas une accusation.
L'expert qui vient chez vous est mandaté et payé par votre assureur. Ce n'est ni un huissier, ni un arbitre. Son évaluation est une proposition, pas une décision.
Depuis le 28 mai 2026, la loi impose à votre assureur de vous informer, lors de la survenance du sinistre, de votre droit de demander une contre-expertise réalisée par un expert de votre choix, à vos frais. Si vous n'avez pas reçu cette information, demandez-la par écrit.
Les honoraires de cet expert sont à votre charge, sauf si votre contrat comporte une garantie honoraires d'expert. Beaucoup de contrats en comportent une sans que l'assuré le sache. Posez la question par écrit, la réponse vous engage l'un et l'autre.
Demandez si votre contrat couvre les honoraires d'un expert d'assuré.
Posez la question par écrit à votre assureur avant l'expertise. Si la garantie existe, elle change complètement l'équilibre de la discussion, et beaucoup d'assurés ignorent en disposer.
Étape 5 — Accepter, ou contester
Vous n'êtes pas obligé de signer tout de suite. L'écart entre la première offre et le montant final est souvent large.
Une offre d'indemnisation est une proposition. Elle se discute, et une contestation motivée n'est ni un conflit ni un risque.
Avant de répondre, décomposez-la. Reprenez poste par poste et comparez avec votre état estimatif. Trois écarts expliquent presque toujours la différence : la franchise, le taux de vétusté appliqué, et les plafonds de garantie.
Si vous contestez, faites-le par écrit, poste par poste, avec vos justificatifs. Une contestation chiffrée obtient une révision ; une contestation générale obtient une lettre type.
Enregistrez le montant de cette première offre. Vous serez surpris, dans un an, de ce qu'il sera devenu.
- Enregistrer la date et le montant de l'offre dans votre suivi. · essentiel
- Comparer poste par poste avec votre état estimatif.
- Repérer la franchise appliquée et vérifier qu'elle correspond à vos conditions particulières.
- Repérer les taux de vétusté appliqués poste par poste.
- Vérifier si un plafond de garantie limite un poste.
- Contester par écrit, poste par poste, si l'écart est justifié.
Comprendre la franchise.
La franchise est la part qui reste à votre charge. Elle figure dans vos conditions particulières, poste par poste. Elle se déduit de l'indemnité, elle ne se paie pas.
Repérez-la avant l'expertise. Elle explique souvent l'écart entre le montant que vous attendiez et celui qui vous est proposé.
Comprendre la vétusté.
Vos biens ne sont pas remboursés à leur prix d'achat. L'assureur applique un coefficient de vétusté, qui tient compte de l'âge et de l'usure. Ce qui reste après cette déduction s'appelle la valeur d'usage. C'est ce qui vous est versé en premier.
Si votre contrat comporte une garantie valeur à neuf, ou rééquipement à neuf, un second versement peut intervenir ensuite. Il correspond à tout ou partie de la vétusté déduite. Il est soumis à trois conditions : avoir réellement remplacé ou réparé le bien, présenter les factures, et le faire dans le délai prévu au contrat, généralement deux ans à compter du sinistre. Le montant récupérable est souvent plafonné.
Cette garantie n'est pas présente dans tous les contrats. Cherchez les mots valeur à neuf ou rééquipement à neuf dans vos conditions particulières, et notez le délai qui y figure.
Légifrance
La perte de loyers est un poste à part.
Beaucoup de contrats de propriétaire non occupant comportent une garantie perte de loyers. Vérifiez sa présence et sa durée dans vos conditions particulières, et chiffrez ce poste séparément dans votre état estimatif.
Étape 6 — Si le désaccord persiste
Une voie gratuite existe entre la contestation et le tribunal. Elle est peu utilisée, et elle fonctionne.
Vous avez contesté, votre assureur maintient sa position. Ce n'est pas la fin du dossier.
Le passage obligé est une réclamation écrite au service réclamations, distinct de votre gestionnaire habituel. Envoyez-la en recommandé, exposez le litige poste par poste, joignez vos pièces.
Si rien ne bouge au bout de deux mois, ou si la réponse ne vous convient pas, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur de l'assurance. La démarche n'engage aucun frais et ne vous prive d'aucun droit.
- Identifier l'adresse du service réclamations dans votre contrat. · essentiel
- Envoyer la réclamation en recommandé avec accusé de réception, poste par poste. · essentiel
- Conserver le bordereau d'envoi et l'accusé de réception. · essentiel
- Attendre deux mois, ou la réponse si elle arrive plus tôt.
- Saisir le médiateur si la réponse ne règle pas le litige.
- Vérifier que vos conditions générales reproduisent bien les articles relatifs à la prescription.
La voie de recours, étape par étape.
Si votre contestation reste sans réponse satisfaisante, il existe une voie gratuite avant le tribunal.
Première étape, obligatoire : adresser une réclamation écrite au service réclamations de votre assureur, en recommandé avec accusé de réception. Ses coordonnées figurent dans votre contrat. Cette étape conditionne la suivante.
Seconde étape : si votre assureur n'a pas répondu au bout de deux mois, ou si sa réponse ne vous satisfait pas, vous pouvez saisir La Médiation de l'Assurance. La saisine est gratuite, en ligne ou par courrier, et vous pouvez vous faire assister sans y être obligé. Elle doit intervenir dans l'année qui suit votre réclamation écrite.
Le médiateur rend une proposition motivée, en principe dans les quatre-vingt-dix jours suivant la notification de recevabilité de votre dossier, délai prorogeable pour les dossiers complexes. Cette proposition ne s'impose ni à vous ni à votre assureur, et elle ne vous ferme jamais l'accès au tribunal.
Pendant la médiation, le délai pour agir peut être suspendu, selon la mécanique de l'article 2238 du Code civil. Ne comptez pas dessus si votre échéance est proche : une lettre recommandée portant sur le règlement de votre indemnité, elle, remet le délai à zéro.
La Médiation de l'Assurance
Étape 7 — L'argent qu'on oublie de réclamer
Le premier versement n'est peut-être pas le dernier. Cette étape se joue sur deux ans, et c'est celle que presque tout le monde laisse passer.
Vous avez été indemnisé vétusté déduite. Si votre contrat comporte une garantie valeur à neuf ou rééquipement à neuf, une seconde somme peut vous revenir, correspondant à tout ou partie de cette vétusté.
Elle n'arrive pas toute seule. Elle suppose que vous ayez racheté ou réparé, que vous envoyiez les factures, et que vous le fassiez dans le délai prévu à votre contrat. Ce délai est le plus souvent de deux ans à compter du sinistre. Passé cette date, la somme est définitivement perdue.
Sortez aujourd'hui vos conditions particulières, cherchez les mots valeur à neuf, et notez la date limite exacte. Nous vous la rappellerons.
- Vérifier dans vos conditions particulières la présence d'une garantie valeur à neuf ou rééquipement à neuf. · essentiel
- Relever le délai exact prévu au contrat et l'enregistrer dans votre dossier. · essentiel
- Conserver au coffre chaque facture de remplacement ou de réparation, au fur et à mesure des achats. · essentiel
- Envoyer les factures à votre assureur avant l'échéance, avec le courrier prévu à cet effet.
- Vérifier que le complément versé correspond bien à la vétusté déduite, dans la limite du plafond de votre contrat.
Les trois conditions du second versement.
Vos biens ne sont pas remboursés à leur prix d'achat. L'assureur applique un coefficient de vétusté, qui tient compte de l'âge et de l'usure. Ce qui reste après cette déduction s'appelle la valeur d'usage. C'est ce qui vous est versé en premier.
Si votre contrat comporte une garantie valeur à neuf, ou rééquipement à neuf, un second versement peut intervenir ensuite. Il correspond à tout ou partie de la vétusté déduite. Il est soumis à trois conditions : avoir réellement remplacé ou réparé le bien, présenter les factures, et le faire dans le délai prévu au contrat, généralement deux ans à compter du sinistre. Le montant récupérable est souvent plafonné.
Cette garantie n'est pas présente dans tous les contrats. Cherchez les mots valeur à neuf ou rééquipement à neuf dans vos conditions particulières, et notez le délai qui y figure.
Légifrance
Achetez d'abord, réclamez ensuite.
Le complément se déclenche sur facture, pas sur devis ni sur intention. Tant que vous n'avez pas remplacé, il n'y a rien à demander.
Étape 8 — Fermer le dossier
Récupérez tout, gardez-en une copie, et libérez-vous de ce dossier.
Votre dossier est soldé, ou les délais sont épuisés. Il vous reste une chose à faire.
Téléchargez l'intégralité de votre dossier : photographies, justificatifs, états estimatifs, courriers, historique des montants. Rangez-le où vous rangez vos papiers importants.
Ensuite, supprimez-le d'ici. Nous n'avons aucune raison de le conserver.
- Télécharger l'archive complète du dossier. · essentiel
- Vérifier que l'archive s'ouvre correctement.
- Supprimer définitivement le dossier.
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